PRIMICIA : LA FINITUDE DES CORPS SIMPLES, CLAUDE ROYET-JOURNOUD. TRAD. SU XIAOXIAO




madalina iordache







la montée des eaux repousse l’ordure
et fait surgir
un corps oublié
la folie d’un ordre
elle parle de l’économie du mur
j’entends
l’économie de dieu
poupée couchée dans la caisse
qui « craint l’humidité »
visage tumefiée de celle qui meurt
c’est
de son vivant
l’assujettissement à un rôle
la subida de las aguas rechaza la basura
y hace surgir
un cuerpo olvidado
la locura de un orden
habla de la economía de la pared
yo entiendo
la economía de dios
muñeca acostada en la caja
que “teme la humedad”
rostro tumefacto de la que muere
es
durante su vida
el sometimiento a un rol


Un acquiescement insolite au monde qui se dérobe. La main touche le front. Quelques paroles déchirées n’atteignent aucun but. Elles se frottent à l’air, se retournent sur elles-mêmes et engloutissent l’énigme et son sommeil. Le corps s’agite, tente de rejoindre […] C’est une lutte perdue d’avance. Ils ne s’accordent guère. Le bruit sort de la gorge, mais provient d’un lieu innommé. Comment saurons-nous ? Les attaches tombent et libèrent un râle. Nous sommes au bord, à la limite. La poitrine cherche à éclaircir ce vide. Plus rien. La forme se rétracte. Pourquoi? Un mot. Un seul. Et le regard qui se noie dans l’espace et vit son propre naufrage. L’enfance résiste.
Un consentimiento insólito al mundo que se escabulle. La mano toca la frente. Algunas palabras desgarradas no alcanzan ningún fin. Se frotan contra el aire, se giran sobre sí mismas y devoran el enigma y su sueño. El cuerpo se agita, intenta reunirse […] Es una lucha perdida de antemano. No concuerdan en absoluto. El ruido sale de la garganta, pero proviene de un lugar innombrado. ¿Cómo sabremos? Las ataduras caen y liberan un estertor. Estamos en el borde, al límite. El pecho busca esclarecer este vacío. Nada más. La forma se retracta. ¿Por qué? Una palabra. Una sola. Y la mirada que se ahoga en el espacio y vive su propio naufrago. La infancia resiste.


il aborde ici l’humidité et le soubresaut d’un raisonnement
l’inversion d’une lettre
à l’articulation du nom
fiction sèche d’une « réduction du corps »
le désastre incite au mensonge
je vois son buste dans le prolongement d’une pensée
le sang comme une manœuvre nocturne
aborda aquí la humedad y el sobresalto de un
razonamiento
la inversión de una letra
con la articulación del nombre
ficción seca de una “reducción del cuerpo”
el desastre incita a la mentira
veo su busto en la prolongación de un pensamiento
la sangre como una maniobra nocturna


Vue latérale.
Elle disait qu’il viendrait, mais le couteau fuyait l’image. Comme ce trou au centre de la phrase, le dos reste un obstacle. Du mot égarement ou buste, nous avions fait un mur.
Vista lateral.
Ella decía que él vendría, pero el cuchillo huía de la imagen. Como ese agujero en el centro de la frase, la espalda sigue siendo un obstáculo. De la palabra extravío o busto, hicimos una pared.





madalina iordache






prendre la place de l’autre
ce discernement bestial
au dos de la main
les nerfs seraient arrachés
l’usage qu’il fait de l’oubli
un miroir qui s’éteint
il n’y a de sauvagerie que dans l’énigme
une question de lisière de mur et de marais
le ciel est un dehors sans pensée
tomar el lugar del otro
este discernimiento bestial
en el dorso de la mano
los nervios serían arrancados
el uso que él hace del olvido
un espejo que se apaga
no hay salvajismo más que en el enigma
una cuestión de lindero de muro y de pantano
el cielo es un afuera sin pensamiento


en se plaçant parmi eux
chaque personnage
en proie à l’épuisement
sans pour autant atteindre le sol
le jour s’arrête
ce n’est qu’un apprentissage
l’autre ne sait rien
il n’y a plus qu’un damier
pour couvrir la démesure
la salle de dissection est vide
ne plus te voir mourir
ne plus sentir le poids de tes jambes
sur ce lit d’emprunt
colocándose entre ellos
cada personaje
presa del agotamiento
sin por ello alcanzar el suelo
el día se detiene
no es más que un aprendizaje
el otro no sabe nada
no hay más que un tablero
para cubrir la desmesura
la sala de disección está vacía
no verte más morir
no sentir más el peso de tus piernas
sobre esta cama prestada


« …il engendre le désarroi. »
Le nerf cède. Incision à même l’estrade. La draperie n’est pas touchée. Les objets ont leur place, celle des noms. Nuque si fragile. Défaillir est son mode. Attente poreuse, inassouvie. Et point d’attache du muscle. Il traverse lentement le chiffre.
Se déprendre de la noirceur du geste. Devant la phrase, mains au sol, comme dans l’enfance. Ou le meurtre. Elle dit : « respiration après respiration ». Plus bas que l’arbre, le sommeil inverse l’image du ciel.
Le bruissement de la végétation lui enjoint de se soumettre. Elle isole l’événement et prépare sa chute. Elle dort dans le cercle.
“… él engendra el desasosiego.”
El nervio cede. Incisión en la plataforma misma. El paño no ha sido tocada. Los objetos tienen su lugar, el de los nombres. Nuca tan frágil. Desfallecer es su modo. Espera porosa, no saciada. Y punto de contacto del músculo. Atraviesa lentamente la cifra.
Desprenderse de la negrura del gesto. Delante de la frase, manos en el suelo, como en la infancia. O el asesinato. Ella dice: “respiración tras respiración”. Más bajo que el árbol, el sueño invierte la imagen del cielo.
El murmullo de la vegetación le exige que se someta. Ella aísla el acontecimiento y prepara su caída. Duerme en el círculo.


qui est la pensé
[de
l’autre côté]
chaque objet
tente de rassembler un corps
il ne suffit pas de toucher le bois, de verser l’eau, de plier l’étoffe
l’œil abandonne toute mesure humaine
trois lettres sur le drap
il réfute l’incohérence du nom
d’autres comportements
d’autres peurs
des livres d’images gisent sur la neige
étreinte pour dire perte
ce ne sont pas ceux qu’il faudrait
que es el pensamiento
[del
otro lado]
cada objeto
intenta reunir un cuerpo
no basta con tocar la madera, verter el agua, doblar la tela
el ojo abandona toda medida humana
tres letras sobre la sábana
él rebate la incoherencia del nombre
otros comportamientos
otros miedos
libros de imágenes yacen sobre la nieve
abrazo para decir pérdida
no son los que harían falta


[comme au-dessus du lac
une succession de formes
obscènes]
« puis ce fut l’hiver » – à l’intérieur de ce bruit qui divise la couleur
il fit en sorte de ne plus bouger
le piège d’une couleur dilue la perte
quelqu’un est debout
devant nos yeux
plus rien n’arrête la végétation
elle s’etend sur tout le corps
elle absorbe
disloque
il n’y a plus qu’une vitre comme obstacle
elle et la pensée qui se heurte à cette paroi dans un bruissement inquiétant
langue étrangère au bout de la table
« il y a toujours des liens »
[como por encima del lago
una sucesión de formas
obscenas]
“después fue el invierno” – dentro de ese ruido que divide el color
se las arregló para no moverse más
la trampa de un color diluye la pérdida
alguien está de pie
delante de nuestros ojos
ya nada detiene la vegetación
se extiende sobre todo el cuerpo
absorbe
disloca
no hay más obstáculo que un cristal
eso y el pensamiento que se choca contra esta pared en un murmullo inquietante
lengua extranjera en el borde de la mesa
“siempre quedan vínculos”


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